La cérémonie du thé

L'origine de la "cérémonie du thé" est chinoise et fut apportée au Japon nippon par des moines. Dans les temples zen de la Chine, les religieux avaient l'habitude d'entrecouper leurs longues méditations par la consommation de thé, reconnu pour ces vertus énergétiques. Dans une société médiévale et guerrière, les moines zen de retour sur l'archipel purent répandre leur cérémonie du thé (cha no you littéralement l'eau chaude du thé) non seulement aux nobles déjà sensibles à la poésie mais également à la caste des samouraï séduits par la philosophie du zen et le rituel gestuel et précis qu'impose la pratique de cette cérémonie dont les règles ont été fixée par Sen no Rikyu également connu sous le nom de Soeki. L'art du thé a influencé la poterie, l'architecture et ces maisons de thé; l art floral et du jardinage.

L'équipement

Un large ensemble d'ustensiles est nécessaire même pour la plus basique des préparations du thé (temae). Une liste complète de tous les objets, les ustensiles, leurs styles et les variations pourrait remplir plusieurs centaines de pages, et de nombreux de volumes de ce type existent. La liste suivante présente les composants essentiels :

Chakin, toile blanche et rectangulaire de lin ou de chanvre est utilisée pour le rituel du nettoyage du bol.

Fukusa, carré de soie utilisé pour le nettoyage symbolique de l'écope et du natsume ou cha-ire, et pour manipuler le couvercle de la bouilloire chaude (sauf dans certaines conditions, les hommes sont censés manipuler ce dernier à mains nues, école Urasenke). Le fukusa est parfois utilisé par les invités pour protéger les ustensiles du thé lorsqu'ils les examinent (habituellement, ce fukusa est particulier et est appelé kobukusa ou petit fukusa. Ils sont plus épais, à motifs et souvent fortement plus colorés que les fukusa normaux. Les kobukusa sont gardés dans un kaishi (une valise) ou dans la poche de poitrine du kimono.)

Hishaku, longue louche en bambou possédant un nodule au centre du manche. Elle est utilisée pour transférer l'eau du et vers les pots en fer et les récipients d'eau fraîche. Il en existe différents styles utilisés pour différentes cérémonies, mais aussi pour différentes saisons. Un style plus large est utilisé pour le rituel de purification suivi par les invités avant d'entrer dans la salle du thé.

Le bol à thé ( chawan), est sans doute l'élément essentiel. Sans celui-ci, le thé ne pourrait être servi et ne pourrait être bu. Il existe une large gamme de bols de thé, de tailles et de styles, et différents styles sont utilisés pour le thé fort et le thé léger (voir cérémonie du thé ci-dessous), mais aussi selon la saison. Des bols peu profonds, qui permettent au thé de refroidir rapidement sont utilisés en été ; des bols profonds sont utilisés en hiver. Leurs créateurs ou leurs possesseurs, ou encore un maître de thé, donnent un nom poétique aux bols — ce nom conditionne en partie l'utilisation du bol en fonction de la saison ou de la circonstance occasionnant la réunion de thé. Des bols vieux de plus de 400 ans sont encore utilisés aujourd'hui, mais seulement dans des occasions spéciales et inhabituelles. Les meilleurs bols sont façonnés à la main et leur prix est généralement élevé. Les irrégularités et les imperfections sont prisées : elles sont souvent mises sur l’« avant » du bol. Les bols cassés sont méticuleusement réparés en utilisant une mixture de laque et d'autres ingrédients naturels. De la poudre d'or est ajoutée pour masquer la couleur sombre de la laque et des dessins sont parfois créés en utilisant le mélange. Les bols réparés de cette manière sont principalement utilisés en novembre, lorsque les praticiens du thé utilisent le ro, ou foyer d'hiver, comme expression et célébration du concept du wabi, ou de l’humble simplicité.

Boîte à thé appelée natsume, ou cha-ire. Les boîtes à thé existent en deux styles basiques différents, le natsume et le cha-ire, à travers lesquels il y a une variation des formes, des tailles et des couleurs. Le natsume est nommé ainsi pour sa ressemblance avec le fruit natsume (la jujube). Il est court avec un couvercle plat, un fond arrondi, et il est habituellement fait de bois laqué ou non traité. Le cha-ire en céramique et est contenu dans des enveloppes de soie ou de brocart dont les motifs sont dûment répertoriés, est habituellement grand, étroit (mais les formes varient significativement) et possède un couvercle d'ivoire muni d'une feuille d'or en dessous. Le natsume et le cha-ire sont utilisés dans des préparations différentes (le natsume pour le thé léger et certaines préparations de thé épais, le cha-ire pour le thé épais).

Chashaku, écope à thé sculptée à partie d’une seule pièce de bambou, celle qui est destinée aux préparations les plus courantes possédant un nodule approximativement en son centre. Selon les préparations, on peut en utiliser ayant d'autres formes (avec un nodule à la base, voire en ivoire d'un seul tenant). Elle est utilisée pour écoper le thé de la boîte à thé au bol à thé et porte comme le bol un « nom poétique » conditionnant son utilisation de façon similaire. De plus larges écopes sont utilisées pour transférer le thé de la boîte à thé dans le mizuya ou aire de préparation.

Fouet (chasen), les fouets à thé sont sculptés dans une seule pièce de bambou. Les vieux chasen abîmés sont simplement jetés. Une fois dans l'année, généralement en mai, ils sont pris dans les temples locaux et brûlés lors d'une simple cérémonie appelé chasen koyo, qui exprime le respect avec lequel sont traités les objets de la cérémonie du thé.